L’ouvrage Vladimir Nabokov et la France explore un espace de recherche vaste et peu balisé : l’invention de la France dans l’œuvre de Nabokov et l’étude interdisciplinaire de son héritage français. L’écrivain russo-américain a entretenu avec la langue et la culture françaises une relation riche et intense dont la complexité se dévoile dans ce volume, qui ouvre un nouveau champ dans les études nabokoviennes à la croisée de plusieurs disciplines (études américaines, comparées, françaises et slaves) et de plusieurs formations (linguistes, narratologues, philologues, traducteurs et artistes).

Par-delà les considérations biographiques, cet ouvrage met en lumière la nature des liens à double sens entre la culture française et l’œuvre de l’écrivain, à savoir la place du cadre géographique et culturel de la France dans son œuvre, celle des écrivains et textes français, son usage de la langue française, sa relation à la pensée française, et enfin sa postérité dans le paysage littéraire et artistique français. De manière significative, le choix du bilinguisme pour les articles publiés ici vise à dépasser la division linguistique de la critique nabokovienne en s’adressant aux lecteurs tant anglophones que francophones et, de manière plus profonde, à penser Nabokov dans les deux langues.

Sommaire :

Preface – The Haunted Enchanter
Brian Boyd

Introduction
Yannicke Chupin, Agnès Edel-Roy, Monica Manolescu, Lara Delage-Toriel

I. L’Invention de la France et de l’Europe 
Michael Wood – Do you mind cutting out the French? Nabokov’s disinvention of Europe;
Julian W. Connolly – Fluid Spaces, Illusive Identities: Nabokov’s Depiction of France in the Late 1930s.

II. Intertextes français 
Susan Elizabeth Sweeney – Nabokov, Perrault, and Tales of Long Ago;
David Rampton – Allusions to French Literature in Nabokov’s Eugene Onegin: the Case of Voltaire;
Stanislav Shvabrin – Alfred de Musset, Vladimir Nabokov: The Invention of Exile;
Isabelle Poulin – Le vol de la mémoire. Vladimir Nabokov lecteur de Rimbaud et Mallarmé.

III. Langue française et modèles culturels français
Samuel Schuman – Monsieur Nabokov and Mademoiselle O;
Julie Loison-Charles – Les xénismes français dans Look at the Harlequins! : « ces clichés français sont-ils symptomatiques » ?;
Bénédicte Bintein – Le français, langue de la séduction fallacieuse dans l’œuvre de Vladimir Nabokov : une esthétique de l’ambiguïté;
Emily Eells – Proust, Nabokov and « the language of rainbows ».

IV. Nabokov et la pensée française
Leland de la Durantaye – Time in French, or Nabokov’s Mobile Image of Eternity;
Paul Grant – Blessing the Freak. Nabokov contra Bergson;
Lance Olsen – Not-Knowings: Debord’s Influence on Nabokov’s Real Life of Sebastian Knight.

V. Postérité de Nabokov et connivences contemporaines
Alisa Zhulina – Vladimir Nabokov and Alain Robbe-Grillet;
Alexia Gassin – Lolita, leitmotiv de l’œuvre de Serge Gainsbourg;
Anne-Marie Lafont – Apprendre autrement ou comment adapter Vladimir Nabokov au lycée.

Url de référence :

http://pus.unistra.fr/fr/livre/?GCOI=28682100475970

 

Los propósitos de este artículo son: i) analizar las relaciones de Vladimir Nabokov como autor multilingüe con la traducción al enfrentarse al exilio, y con la publicación de una de sus novelas en una lengua en que sabía escribir; ii) explorar las actitudes de Nabokov hacia la traducción en uno de sus libros, sus deseos de ser reconocido como autor y de pulir su estilo en la nueva lengua-cultura; iii) presentar factores como la identidad personal y cultural, y también las necesidades financieras de manera ligada al exilio y como elementos significativos en el proceso de traducción; iv) discutir el impacto de la reescritura en un autor alerta al reconocimiento internacional y en una búsqueda obvia  de nuevos valores estéticos. Nabokov no es un caso único, pero su situación y sus reacciones son suficientemente representativas de las dificultades que surgen al escribir en una lengua ajena.

The aims of this article are: i) to analyze the relations of Vladimir Nabokov as a multilingual author with translation when faced with exile and with the publication of one of his novels in a language in which he could write; ii) to explore Nabokov’s attitude towards the translation of one of his books, his desires to be recognized as an author and to polish his style in the new culturelanguage; iii) to present factors like personal and cultural identity, and also financial needs as linked to exile and as significant elements in the translating process; iv) to discuss the impact of rewriting in an author seeking international recognition and in an obvious quest for new aesthetic values. Nabokov is not a unique case, but his situation and reactions are quite representative of the difficulties raised when changing one’s language of composition.

https://fh.mdp.edu.ar/revistas/index.php/etl/article/view/2331

Le lundi 13 novembre 2017, Sophie Bernard-Léger a soutenu sa thèse de doctorat, intitulée « La création de soi par soi : origine, identités, transgressions dans l’oeuvre de Vladimir Nabokov, Romain Gary et Philip Roth ».

Le jury était composé de Luba Jurgenson (directrice, Sorbonne Université), Carole Matheron (co-directrice, Université Paris 3), Isabelle Poulin (présidente, Université Bordeaux Montaigne), Laure Troubetzkoy (Sorbonne Université), Philippe Zard (Université Paris Nanterre), Yves-Charles Grandjeat (Université Bordeaux Montaigne).

Rapporté à la notion de traduction qui s’invente à la Renaissance en même temps que le roman moderne, ou aux menaces de mort pesant sur des écrivains, le transport romanesque révèle la force d’un art du langage sans frontières – étudié dans cet ouvrage, de Nabokov à Rabelais, Cervantes, Sterne, Proust et Calvino.

Vous pouvez consulter la table des matières ici.

9781787072916This book argues that ideology is a prism through which the work of Vladimir Nabokov needs to be considered. It is thus the first attempt to foreground questions of ideology and politics within a field that has historically been resistant to such readings.

The perception of Nabokov as an apolitical writer is one which the author encouraged throughout the latter part of his career in his non-fictional writings and in the small number of well-rehearsed interviews that he gave. When questions of ideology and politics have arisen in scholarship, they have only been featured in passing or have merely re-confirmed the author’s self-designation as an «old-fashioned liberal». When we consider that Nabokov lived through some of the most traumatic historical ruptures of the past century then this lack of reference to ideology in the critical literature appears quite revealing.

Through the analysis of works which have previously received little attention as well as new perspectives on better known works, this book demonstrates how ideology and politics were ever-present and had an indelible effect on Nabokov’s literary aesthetics.

nabokov-upside-down

http://www.nupress.northwestern.edu/content/nabokov-upside-down-1

« Nabokov Upside Down brings together essays that explicitly diverge from conventional topics and points of reference when interpreting a writer whose influence on contemporary literature is unrivaled. Scholars from around the world here read Nabokov in terms of bodies rather than minds, belly-laughs rather than erudite wit, servants rather than master-artists, or Asian rather than Western perspectives. The first part of the volume is dedicated to surveys of Nabokov’s oeuvre that transform some long-held assumptions concerning the nature of and significance of his work.

Often thought of as among the most cerebral of artists, Nabokov comes across in these essays as profoundly aware of the physical world, as evidenced by his masterly representation of physical movement, his bawdy humor, and his attention to gustatory pleasure, among other aspects of his writing. The volume’s second half focuses on individual works or phases in Nabokov’s career, noting connections among them as well as to other fields of inquiry beyond literature. Engaged in conversation with each other and, in his editorial comments, with Brian Boyd, the essays in this volume show Nabokov scholarship continuing to renew itself. »

Contributors: Shun’ichiro Akikusa, Robert Alter, Stephen Blackwell, Brian Boyd, Marijeta Bozovic, Yannicke
Chupin, Julian Connolly, Galya Diment, Dana Dragunoiu, Lara Delage-Toriel, Paul Grant, Monica Manolescu,
Naomi Olson, David Rampton, Stanislav Shvabrin, Susan Elizabeth Sweeney.

http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100784340

« La mondialisation, les mouvements de population et l’accélération des échanges internationaux signifient que nous sommes tous potentiellement étrangers, avec toutes les connotations que ce terme peut porter en lui. Cela implique aussi que le bilinguisme et le recours aux mots étrangers touchent un nombre incommensurable de personnes, qu’il s’agisse des couples de nationalités différentes dont les enfants bilingues vivent entre deux langues, des immigrés vivant en situation de diglossie entre leur foyer et leur pays d’adoption, ou encore des personnes qui, dans le cadre de leur travail, côtoient des collègues de tous horizons et parlent un anglais « globish » entre deux meetings. En littérature contemporaine, de nombreux auteurs ayant immigré ou choisi l’anglais pour s’ouvrir un plus grand public incorporent leur double culture et leur double langage dans leur écriture. Un des premiers écrivains du vingtième siècle à avoir accepté et revendiqué haut et fort son héritage polyglotte est Vladimir Nabokov.

Sa prose en anglais porte les traces d’un métissage linguistique qui lance au lecteur une invitation au voyage. Elle se caractérise également par une grande créativité qui incite le lecteur à jouer avec le texte et ses nombreux calembours. C’est cette invitation au voyage et au jeu que cet ouvrage se propose de suivre et d’éclairer. »

« A volume that Susan Elizabeth Sweeney co-edited with Michael Rodgers, Nabokov and the Question of Morality: Aesthetics, Metaphysics, and the Ethics of Fiction, has just come out from Palgrave Macmillan. It addresses the vexing issue of Nabokov’s moral stances, arguing that he designed his works as open-ended ethical problems–concerning good or bad reading, God’s existence, the nature of evil, agency and altruism, and the ethics of representing sex, punishment, and suffering, among other topics–for readers to confront. The volume includes essays by Gennady Barabtarlo, Julian Connolly, Leland de la Durantaye, Jacqueline Hamrit, Elspeth Jajdelska, Laurence Piercy, David Rampton, Michael Rodgers, Samuel Schuman, Susan Elizabeth Sweeney, Tom Whalen, and Michael Wood.
Dana Draguniou calls the book « A tremendous achievement . . . Fyodor, the protagonist of Nabokov’s Russian magnum opus The Gift, notes that reading Pushkin is like having the capacity of one’s lungs expanded; reading these essays offers a similarly bracing experience. » Thomas Karshan praises it for treating « Nabokov’s eerie and insistent moral simplicity as a question and a puzzle, extending his ethical intricacy well into » many new topics for critical exploration. »

http://www.palgrave.com/us/book/9781137596666

L-oeuvre-de-Vladimir-Nabokov-au-regard-de-la-culture-et-de-l-art-allemands« Jusqu’à présent, les études nabokoviennes ont tendance à ignorer l’influence de la culture allemande sur l’œuvre de Vladimir Nabokov. Ce faisant, elles se conforment aux propos de l’écrivain qui a fréquemment déclaré que, malgré ses quinze années passées en Allemagne (1922–1937), il a toujours évité tout contact avec la langue et l’univers allemands. Pourtant, bien que l’émigration russe à Berlin vive en vase clos, les frontières entre les mondes russe et allemand ne sont pas si étanches, ce qui apparaît nettement dans les fréquentes allusions littéraires de l’écrivain à des œuvres de littérature, de cinéma et de peinture allemandes.Le présent ouvrage a donc pour objectif de lire l’œuvre de Nabokov dans le contexte de l’art allemand de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, notamment de l’esthétique expressionniste et de trois de ses grands thèmes majeurs, à savoir l’altération du psychisme humain, l’ambivalence de la figure féminine et la représentation de la grande ville. Il vise ainsi à proposer une nouvelle interprétation des œuvres russes de Nabokov, à reconstruire le contexte culturel berlinois (cinéma et peinture) dans lequel ces dernières furent créées et à montrer que l’écrivain n’était pas si hermétique à la culture allemande qu’il voulait bien le laisser entendre. »

« Whereas lit0157759_authorship-in-nabokovs-prefaces_300erary criticism has mainly oscillated between “the death of the author” (Barthes) and “the return of the author” (Couturier), this work suggests another perspective on authorship through an analysis of Nabokov’s prefaces. It is here argued that the author, being neither dead nor tyrannical, alternates between authoritative apparitions and receding disappearances in the double gesture of mastery without mastery which Derrida calls ‘exappropriation’, that is, a simultaneous attempt to appropriate one’s work, control it, have it under one’s power and expropriate it, losing control by loosening one’s grip. The intention of this is to approach, through one’s experience of reading and interpreting, the experience of self-effacement and impersonality pertaining to writing (cf. Blanchot). Prefaces are considered to be suitable places for the deconstruction of the classical image of Nabokov’s arrogance through the unearthing of his reserve and vulnerability. This work provides an account of the mere intuition (which, therefore, does not pretend to be a conclusive and definitive interpretation) of another image of Nabokov whose undeniable talent for deception seems in accordance with a need for discretion and secrecy. »