Vladimir Nabokov et la traduction, dir. Julie Loison-Charles et Stanislav Shvabrin, Artois Presses Université, 2021.

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La présente publication est un recueil d’articles sur Vladimir Nabokov, auteur multilingue très célèbre mais dont le rôle en tant que traducteur et traductologue est trop peu connu (à l’exception de sa pratique de l’auto-traduction et de sa traduction littéraliste de Pouchkine). Ce volume a pour ambition de combler ce manque.

Les articles explorent les différentes facettes des rapports de Nabokov avec la traduction, notamment la représentation de la traduction dans ses romans, Nabokov traducteur, traductologue ou traduit, ou encore la traduction comme commentaire.

Différentes méthodologies sont convoquées (traduction, littérature comparée, anglistique, slavistique, linguistique) et les approches sont aussi bien théoriques que pratiques, que ce soit dans l’analyse de traductions publiées ou dans des traductions intersémiotiques (adaptation cinématographique ou théâtrale notamment).

Julie Loison-Charles et Stanislav Shvabrin

 

Sommaire 

Introduction……………………………………………………………………………………

Partie 1 : Qu’est-ce que la traduction ?

Christine Raguet

antranou svadi  – la traduction, comme encodage. Ou « The road not taken »

Susan Elizabeth Sweeney

Ineffability and Untranslatability in Nabokov

Isabelle Poulin

La ligne traductive de Vladimir Nabokov : une pensée de la trace

 

Partie 2 : Nabokov aux marges de la traduction

Paul B. Grant

Howlers, Humour, Hubris. Translation and Truth in Nabokov’s Onegin

Léopold Reigner

À propos du Flaubert de Marx : Nabokov et l’art de la correction

 

Partie 3 : Nabokov traducteur

Stanislav Shvabrin

Dialogic Encounters, Verbal Vestiges: Vladimir Nabokov, Translation—And Dialogue

Julian W. Connolly

Nabokov’s Translations of Lermontov’s Poetry: The “Demon” Tamed

Alexia Gassin

Colas Breugnon versus Nikolka Persik ou Nabokov et l’art de la subjectivité

 

Partie 4 : Traduire Nabokov, une affaire de famille

Julie Loison-Charles

Traduire les mots étrangers dans Ada : un cas d’étude sur le chapitre 38

Chiara Montini

« Mon livre » – Dmitri Nabokov, The Enchanter et L’incantatore

Lyudmila Razumova

Les traductions de Pale Fire vers le russe 

 

Partie 5 : Traduire Lolita

Stanislas Gauthier

La traduction comme mode de lecture possible : un exemple pris dans Lolita traduit par Éric Kahane

Morgane Allain-Roussel

Des ajouts dans les traductions françaises de Lolita

Marta Arnal Gas

Les jeux linguistiques de Lolita en espagnol et catalan

 

Partie 6 : Traduction intersémiotique

Yannicke Chupin

Traduire Lolita pour la scène : entretien avec la metteuse en scène Émilie Moreau

Maria Emeliyanova

Intersemiotic Translation as a Fluid text: From Vladimir Nabokov’s Kamera Obskura to Tony Richardson’s Laughter in the Dark

Marie Bouchet

La traduction des objets du quotidien dans Ada : révéler les potentialités créatrices de la « banale réalité »

 

Partie 7 : La traduction dans les romans de Nabokov

Sophie Bernard-Léger

De Fiodor traducteur à Fiodor traduit, ou les différents plans de traduction dans The Gift

Corinne Scheiner

Brutal Betrayers and Their Evil Translations: The Willful Reshapings of Kinbote and Conmal

Sean DiLeonardi

Nabokov and the Mathematics of Language

Programme Nabokov à Cornell – Le savoir des migrants – « passants considérables » / 2021-2024

 

Première journée d’études

Vendredi 26 novembre 2021

9h-17h

Amphi Renouard Bâtiment J / Campus Université Bordeaux Montaigne

 

INADEQUATIONS : LA MIGRATION AU PRISME DE L’HUMOUR

À PARTIR DE VLADIMIR NABOKOV

INADEQUACIES: LOOKING AT MIGRATION THROUGH THE LENS OF HUMOR, FROM VLADIMIR NABOKOV’S WORKS

 

La migration est l’un de ces sujets d’actualité graves qu’il peut sembler indécent d’évoquer autrement que sur un ton grave : des femmes, des hommes, des enfants, appelés « migrants », meurent presque tous les jours, peinent à bénéficier du droit d’asile, et cela ne prête pas à sourire.

Envisager la migration au prisme de l’humour, ce n’est pas vouloir changer de ton, mais faire l’hypothèse d’une position critique susceptible de modifier les regards.

Ce prisme est celui qu’a adopté un migrant célèbre, Vladimir Nabokov, dont l’art littéraire repose sur un principe constant d’inéquation – entre les langues, entre les corps, entre les cultures.

On essaiera d’en comprendre les liens avec l’humour en confrontant des traits d’écriture propres, et particulièrement ceux qui résultent du plurilinguisme de l’auteur, aux approches théoriques existantes.

 

L’enjeu est double.

Il s’agira d’une part de prendre la mesure d’un savoir spécifique de l’exilé, formulé et transmis par l’artiste, susceptible d’aider à extraire des individualités de la masse abstraite des « migrants » – ce savoir étant posé en termes d’inadéquations, dont on donnera des exemples précis.

Il s’agira d’autre part de promouvoir l’humour comme « sens littéraire* », particulièrement apte à appréhender les situations de coexistence difficile auxquelles sont associés les mouvements migratoires : prendre soin de la relation (à l’autre, à soi-même) est assurément l’un des grands défis du monde contemporain.

* Jean-Marc Moura, Le sens littéraire de l’humour, PUF, 2010.

 

   In the light of recurring and recent events, it may seem indecent to evoke migration in a tone other than serious. Almost every day, women, men and children deemed “migrants” die on their road to exile, or struggle to be granted asylum—and this is no laughing matter.

  

Considering migration through the lens of humor is not meant to modify that tone, but it posits that a different critical stance could change the way migration is viewed.

   The lens of humor was chosen by a famous migrant, Vladimir Nabokov, whose literary art is based upon a constant principle of inadequacy, between languages, between bodies, and between cultures.

   The aim of this conference is to attempt an understanding of the links between migration, inadequacy and humor, through a confrontation of Nabokov’s idiosyncratic writing traits—especially those resulting from his plurilingualism—with existing theoretical approaches.

 

   The process is twofold.

It first seems that the specific knowledge of the exile, formulated and transmitted by the artist, needs to be assessed in its capacity to help individuals emerge from the abstract crowd of “migrants”. This knowledge is posited as based upon the notion of inadequacy, and needs to be defined and illustrated through precise examples.

   It then appears necessary to promote humor as the “literary sense”*, as it is particularly apt to apprehend the difficult life situations characteristic of migration movements. Taking care of the relation to one’s self, and of the relation to others, assuredly is of one of the greatest challenges of today’s world.

 * Jean-Marc Moura, Le sens littéraire de l’humour, PUF, 2010

 

 

Matinée 9h-12h

HUMOUR ET DÉPLACEMENTS HUMOR AND DISPLACEMENT

 9h- Ouverture

  • Présentation du programme « Nabokov à Cornell »

Marie Bouchet, Université Toulouse Jean Jaurès ; Agnès Edel-Roy, Université Paris-Est Créteil, Julie Loison-Charles, Université de Lille ; Isabelle Poulin, Université Bordeaux Montaigne.

  • Présentation de l’horizon critique de l’humour, Isabelle Poulin

 

9h30 – Conférence 1 – « L’Humour, art du déplacement » / Humor, the art of displacement – Jean-Marc Moura, Université de Paris Nanterre

10h30 Pause

11h-12h30 Table ronde – L’humour en plus d’une langue / Humor in more than one language

Pascale Sardin, Université Bordeaux Montaigne (sur Samuel Beckett), Flavie Épié, Université de Lille (sur James Joyce), Ève de Dampierre-Noiray, Université Bordeaux Montaigne (sur Iman Mersal)

 

Après-midi 14h-17h

SINGULARITE DE L’ŒUVRE DE NABOKOV SINGULARITY OF NABOKOV’S WORK

 14h- Conférence 2 – “ ‘The Built-In Roomer’; or, Travelling Light – Nabokov’s Humor”/ Le locataire intégré, ou de l’art de voyager léger – L’humour de Nabokov – Paul Grant, Grenfell Campus, Université Memorial de Terre-Neuve, Canada

 15h Pause

15h15“Self-translating puns from English into French: Vladimir Nabokov and his co-translators” / Auto-traduire les jeux de mots de l’anglais au français : V. Nabokov et ses co-traducteurs – Julie Loison-Charles, Université de Lille

15h45« Rire dans la nuit de V. Nabokov : l’humour rend-il aveugle ? » / Laughter in the Dark : Is Humor Blind ? – Manon Dubouilh, Université Bordeaux Montaigne

16h15-17hTable ronde multilingue. Bilan et perspectives pour une « éducation sans frontière* »

*Horizon octobre 2024 : colloque international « Vladimir Nabokov, ou l’éducation sans frontières » / “Nabokov, or Education Without Borders”, Cornell University, Ithaca, NY.

 

Jenny Minton Quigley (edited by). Lolita in the Afterlife: On Beauty, Risk, and Reckoning with the Most Indelible and Shocking Novel of the Twentieth century. Knopf Doubleday Publishing Group, 2021, 456 pp.

Robert Alter. Nabokov and the Real World, Between Appreciation and Defense. Princeton UP, 2021, 248 pp.

https://www.degruyter.com/document/isbn/9780691218663/html

À l’occasion de la sortie du tome III des œuvres romanesques de Vladimir Nabokov dans la Pléiade, incluant Pnine – Feu pâle – Ada ou L’Ardeur – La transparence des choses – Regarde, regarde les arlequins! – L’original de Laura, la Société française Vladimir Nabokov a interviewé le directeur du volume, Maurice Couturier.

 

 

Entretien avec Maurice Couturier

Le volume commence par une retraduction de Pnine. Qu’est-ce qui a motivé le choix de retraduire ce texte en particulier ?

  • Je n’étais pas le seul à regretter la mauvaise qualité de la première traduction de Pnine ; j’ai reçu des offres à ce propos. Chrétien use d’une langue souvent lourde, voire incorrecte, et demeure trop loin du texte original. Les subtilités narratives de Nabokov ne sont pas toujours prises en compte. Mes recherches théoriques dans le domaine linguistique et narratologique me prédisposaient à assumer cette retraduction. Pour la première fois de ma carrière de traducteur, j’ai décidé de faire cette traduction sans avoir de contrat, et donc sans percevoir de droits autres que ceux du maigre pourcentage dans la Pléiade. J’estimais que cela en valait la peine. J’ai aussi légèrement revu la traduction des autres romans, Ada excepté : Ada a été abondamment corrigé, trop peut-être parfois, par Nabokov lui-même. D’où la décision de ne pas retoucher, sauf à la marge, le texte. L’appareil critique de ce roman, réalisé par une équipe de chercheuses dynamiques et savantes, fera date.

Avez-vous remarqué des choses en particulier en retraduisant Pnine ? Se prête-t-il facilement à la langue française, comme vous en aviez fait la remarque pour votre retraduction de Lolita ?

  • L’anglais de Nabokov n’a pas, dans ce roman, la fluidité qu’il avait dans Lolita. Il se prête moins facilement à la langue française. J’ai souvent eu le sentiment qu’il était parasité par le russe, arrière-plan culturel et linguistique du récit. Il est infiniment moins précis et contient une foule de mots au spectre sémantique assez flou. Nabokov ne s’est pas autant relu et corrigé que dans Lolita.

Lorsque vous avez annoté Feu pâle, avez-vous dû conduire de nouvelles recherches ? Qu’avez-vous préféré annoter, le poème, le commentaire, autre chose ?

  • Feu pâle est le roman sur lequel j’ai le plus travaillé pendant ma carrière, le premier sur lequel j’ai publié un article. Il a joué un rôle capital dans l’élaboration de ma théorie de « la figure de l’auteur ». Il a donc été au cœur de ma recherche théorique. Pour ces annotations, je me suis appuyé sur ce qui existait, sur Dieter Zimmer en particulier, mais ai aussi mené des recherches personnelles importantes. L’annotation de chacune des parties m’a procuré un vif plaisir intellectuel.

En quoi consiste le rôle de directeur de la Pléiade Nabokov ? Comment avez-vous travaillé avec les différents annotateurs ? Pour choisir quelles annotations resteront et lesquelles partiront (la place est limitée après tout), le choix était-il fait en concertation ? par vous, par l’annotateur, par l’éditeur peut-être ? Y a-t-il des annotations que vous regrettez d’avoir dû retirer plus que d’autres ?

  • Le rôle du directeur d’une telle édition est multiple : élaboration, avec Gallimard (Hugues Pradier), des consignes éditoriales en fonction du volume prévu pour l’appareil critique, conséquent en la circonstance ; choix des annotateurs, choix des collaborateurs qui corrigeront les traductions, choix des romans qu’il souhaite annoter lui-même, relecture des différents appareils critiques, et correction des épreuves. Négociations avec les collaborateurs : elles furent très aisées pour les volumes 2 et 3, plus difficiles pour le volume 1. Réponse aux sollicitations des journalistes et des médias. Je n’ai pas souvenir que nous ayons dû sacrifier des choses importantes dans les annotations.

La pandémie a-t-elle eu un impact sur la publication, notamment son calendrier ?

  • Oui, bien sûr. La sortie du volume était prévue pour avril 2020. Elle survient le 4 février 2021. Et la manifestation que j’avais prévue à la Fondation Deutsch de la Meurthe a dû être annulée. L’offre de son directeur, un de mes amis, demeure.

A-t-il été question, à un moment donné, d’inclure dans la Pléiade les poèmes, les nouvelles ou les pièces de théâtre de l’auteur ?

  • Non, il n’en a jamais été question. Il est toujours possible d’envisager un quatrième volume pour cela. À la nouvelle génération de Nabokoviens de l’entreprendre.

Maintenant que ce travail monumental est terminé, avez-vous des projets particuliers relatifs à Nabokov ou souhaitez-vous faire une pause ? On connaît vos nombreuses activités, que ce soit l’écriture ou la traduction d’auteurs comme David Lodge.

  • Je n’ai pas de projets particulier relatifs à Nabokov dans l’immédiat, sinon de transférer mon fonds Nabokov (6 mètres linéaires) à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg qui a accepté de l’héberger. Pas question pour autant de faire une pause : l’écriture est pour moi une nécessité vitale. J’écris actuellement quelque chose en anglais ; déjà six cents pages. Et je vais sans doute traduire le troisième et dernier volume de l’autobiographie de David Lodge.

 

Tome III – Pnine – Feu pâle – Ada ou L’Ardeur – La transparence des choses – Regarde, regarde les arlequins! – L’original de Laura.

Édition publiée sous la direction de Maurice Couturier. Textes traduits de l’anglais, présentés et annotés par René Alladaye, Jean-Bernard Blandenier, Marie Bouchet, Brian Boyd, Gilles Chahine, Yannicke Chupin, Maurice-Edgar Coindreau, Maurice Couturier, Lara Delage-Toriel, Agnès Edel-Roy, Raymond Girard, Donald Harper et Monica Manolescu.

Parution le 4 Février 2021
Bibliothèque de la Pléiade, n° 648
1648 pages, rel. Peau, 105 x 170 mm

http://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres-romanesques-completes29

Tome III – PnineFeu pâleAda ou L’ArdeurLa transparence des chosesRegarde, regarde les arlequins!L’original de Laura.

Édition publiée sous la direction de Maurice Couturier. Textes traduits de l’anglais, présentés et annotés par René Alladaye, Jean-Bernard Blandenier, Marie Bouchet, Brian Boyd, Gilles Chahine, Yannicke Chupin, Maurice-Edgar Coindreau, Maurice Couturier, Lara Delage-Toriel, Agnès Edel-Roy, Raymond Girard, Donald Harper et Monica Manolescu.

Parution le 4 Février 2021
Bibliothèque de la Pléiade, n° 648
1648 pages, rel. Peau, 105 x 170 mm

http://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres-romanesques-completes29

Michele Russo. A Plurilingual Analysis of Four Russian-American Autobiographies. Göttingen: V & R unipress, 2020, pp. 138.

Focusing on the connection between emigration and bilingualism/trilingualism, this volume analyzes the cultural and linguistic passage of four American writers with Russian origins: Cournos (1881-1966), Nabokov (1899-1977), Berberova (1901-1993), Shteyngart (*1972). Such passage from the source language, Russian, to the target language, English, is examined from linguistic, narratological and sociological perspectives. The combination of languages originates in Cournos’s autobiography and stands out in Nabokov’s and Shteyngart’s texts. The volume offers an insightful analysis of Berberova’s implicit bilingualism as well, represented by the expression of themes and the depiction of multilingual contexts pertaining to emigration.

https://www.vr-elibrary.de/doi/book/10.14220/9783737012010

The Five Senses in Nabokov’s Works, eds. Marie Bouchet, Julie Loison-Charles et Isabelle Poulin (Palgrave McMillan, 2020). Vous trouverez la table des matières ci-après/Please find the table of contents below/С оглавлением сборника (на английском языке) можно ознакомиться ниже.

Ce volume collectif s’intéresse à une question largement négligée dans les études nabokoviennes : l’importance et les enjeux des cinq sens dans l’œuvre de Nabokov, du point de vue poétique, politique ou esthétique. Cet ouvrage analyse le rôle crucial que jouent la synesthésie et le multilinguisme en relation avec les cinq sens, ainsi que la place que les dimensions sensuelle et érotique de la sensorialité occupent dans ses écrits. Chaque chapitre présente une approche très ciblée et parfois complètement novatrice sur le rôle unique que les perceptions sensorielles jouent dans la construction et le récit de ses souvenirs ou dans son processus créatif.

This collection of essays focuses on a subject largely neglected in Nabokovian criticism—the importance and significance of the five senses in Vladimir Nabokov’s work, poetics, politics and aesthetics. This text analyzes the crucial role of the author’s synesthesia and multilingualism in relation to the five senses, as well as the sensual and erotic dimensions of sensoriality in his works. Each chapter provides a highly focused and sometimes provocative approach to the unique role that sensory perceptions play in the shaping and narrating of Nabokov’s memories and in his creative process.

 

Сборник посвящен проблеме, которой до сих пор в набоковедении практически не уделялось внимания – важности и значению пяти чувств в творчестве Набокова, в его поэтических, политических, эстетических взглядах. В книге анализируется ключевая роль синестезии и мультилингвизма и их связь с пятью чувствами, и, кроме того, чувственное и эротическое измерения органов чувств и место, какое они занимают в работах писателя. Каждая глава отличается очень целенаправленным и порой совершенно новаторским подходом к уникальной роли, какую чувственное восприятие играет в конструировании и нарративе набоковских воспоминаний и в его креативном процессе.

 

Table of Contents

Chapter 1         “‘Do the Senses Make Sense?’: An Introduction”, Marie Bouchet, Julie Loison-Charles, Isabelle Poulin

PART I            The Role of the Senses in Nabokov’s Aesthetics and Metaphysics

Chapter 2        “Do the Senses Make Sense?”, Brian Boyd, University of Auckland, New Zealand

Chapter 3         “‘To breathe the dust of this painted life’. Modes of Engaging the Senses in Vladimir Nabokov’s Invitation to a Beheading”, Lilla Farmasi, University of Szeged, Hungary

Chapter 4        “Nabokov’s Visceral, Cerebral and Aesthetic Senses”, Michael Rodgers, West College, Scotland

Chapter 5         “Developing Transnational Style: Particularities of Nabokov’s Lexicon and Cognitive Frames in The Gift in Relation to the Five Senses”, Lyudmila Razumova, King’s College, London, UK

PART II           Crossing Sensations and Languages: Multilingualism, Memory and Intermediality

Chapter 6        “An Eden of Sensations: The Five Senses in Speak, Memory”, Damien Mollaret, University of Bordeaux Montaigne, France

Chapter 7         “A Look at the Spectropoetics of Photography in Nabokov’s fiction”, Yannicke Chupin, University of Cergy Pontoise, France

Chapter 8        “Visual Agnosia in Nabokov: When One of the Senses Can’t Make Sense”, Susan Elizabeth Sweeney, College of the Holy Cross, USA

Chapter 9        “Translating Taste and Switching Tongues”, Julie Loison-Charles, University of Lille, France

Chapter 10       “Translation as Craft and Heroic Deed: On the Political Stakes of a Multilingual Sensoriality”, Isabelle Poulin, University of Bordeaux-Montaigne, France

PART III          Senses and the Body: from Pleasure to Displeasure

Chapter 11       “Sensuality and the Senses in Nabokov”, Maurice Couturier, University of Nice, France

Chapter 12       “The ‘Eyes’ Have It: The Pleasures and Problems of Scopophilia in Nabokov’s Work”, Julian Connolly, University of Virginia, USA

Chapter 13       “The carmen in Nabokov’s Lolita”, Suzanne Fraysse, University of Aix-Marseille, France

Chapter 14       “‘I’d Like to Taste the Inside of Your Mouth’: The Mouth as Locus of Disgust in Nabokov’s Fiction”, Anastasia Tolstoy, University of Oxford, UK

  

PART IV          Synesthesia and Multisensoriality

Chapter 15       “An Introduction to Synesthesia Via Vladimir Nabokov” Jean-Michel Hupé, Neuroscience Researcher, University of Toulouse, France

Chapter 16       “Neurological Synaesthesia vs Literary Synaesthesia: Can Nabokov Help Bridge the Gap?”, Marie Bouchet, University of Toulouse, France

Chapter 17       “Undulations and Vibrations, Tonalities and Harmonies: Nabokov, Acoustics and the Otherworld”, Sabine Metzger, Stuttgart University, Germany

Chapter 18       “Vladimir Nabokov’s Musico-Literary Microcosm: “Music” and Nabokov’s Quartet”, Kiyoko Magome, University of Tsukuba, Japan

Chapter 19       “‘Tactio has come of age’: the Tactile Sense in Nabokov’s LolitaPale Fire and Ada”, Léopold Reigner, University of Rouen, France

Chapter 20      “Embodied Memories in Ada, or Ardor and Speak, Memory”, Nathalia Saliba Dias, Humboldt University, Germany

Chapter 21       “‘A Tactile Sensation is a Blind Spot’: Nabokov’s Aesthetics of Touch”, Lara Delage-Toriel, University of Strasbourg, France

https://www.palgrave.com/fr/book/9783030454050

Irena Księżopolska, Mikołaj Wiśniewski/Ирена Ксензопольская, Миколай Висневский (Eds.), Vladimir Nabokov and the Fictions of Memory,  SWPS University of Social Sciences and Humanities, Warsaw, 2019:

– Irena Księżopolska, Mikołaj Wiśniewski/Ирена Ксензопольская, Миколай Висневский, « Introduction », p. 7.

– Leona Toker/Леона Токер, « Nabokov’s Factography », p. 21.
– Stephen Blackwell/Стивен Блакуэлл, « Nabokov’s Cryptic Triptych: Grief and Joy in “Sounds,” “The Circle,” And “Lantern Slides” », p. 51.
– Péter Tamás/Петер Тамас, « Vision and Memory in Nabokov’s “A Forgotten Poet” », p. 82.
– Dana Dragunoiu/Дана Драгуною (SFVN), « Time, Memory, the General, and the Specific in Lolita and À la recherche du temps perdu », p. 100.
– David Potter/Давид Потер, « Paramnesia, Anticipatory Memory, and Future Recollection in Ada », p. 123.
– Adam Lipszyc/Адам Липщук, « Memory, Image, and Compassion: Nabokov And Benjamin on Childhood », p. 156.
– Gerard de Vries/Герард де Вриз (SFVN), « Memory and Fiction in Nabokov’s Speak, Memory », p. 173.
– Mikołaj Wiśniewski/Миколай Висневский, « Memory’s Invisible Managers: the Case Of Luzhin », p. 184.
– Andrzej Księżopolski/Анджей Ксензопольский, « Time, History, and other Phantoms in The Real Life of Sebastian Knight », p. 203.
– Irena Księżopolska/Ирена Ксензопольская, « Biographer as Impostor: Banville and Nabokov », p. 226.
– Akiko Nakata/Акико Наката, « Memories Trick – Memories Mix: Transparent Things », p. 254.
– Carlo Comanduccin/Карло Командучин, « Transparent Things, Visible Subjects », p. 274.
– Vyatcheslav Bart/Вячеслав Барт, « Vladimir Nabokov’s Ontological Aestheticism from the Renaissance to Transhumanism », p. 294.
– Olga Dmitrienko/Ольга Дмитриенко, « Reminiscence and Subconscious Sacralisation of the Kin in The Gift », p. 318.
– Tatiana Ponomareva/Татьяна Пономарева, « Epilogue: The Reality of Fiction in The Vladimir Nabokov Museum », p. 330.

Vladimir Nabokov/Владимир НабоковThink, Write, Speak: Uncollected Essays, Reviews, Interviews and Letters to the Editor, edited by Brian Boyd and Anastasia Tolstoy, Knopf, 2019.

A rich compilation of the previously uncollected Russian and English prose and interviews of one of the twentieth century’s greatest writers, edited by Nabokov experts Brian Boyd and Anastasia Tolstoy.

https://www.penguinrandomhouse.com/books/248288/think-write-speak-by-vladimir-nabokov-edited-by-brian-boyd-and-anastasia-tolstoy/