Grâce à l’analyse de la conférence «The Art of Literature and Commonsense» conçue en 1941 et publiée à titre posthume en 1980, j’essaie d’identifier les caractéristiques de l’esthétique de Nabokov–fondée sur l’attention au détail et à l’émerveillement-, son éthique–marquée par l’importa

nce accordée à l’autre et la création de différences–et enfin sa métaphysique qui, contrairement à ce qu’affirment Richard Rorty et Vladimir Alexandrov croyant déceler la présence de platonisme et de transcendance dans sa philosophie, se caractérise par la contamination entre les oppositions que sont l’ici-bas et l’au-delà, la vie et la mort, ou la «réalité» et la fiction. La frontière qui sépare ces oppositions est, en effet, instable et fluctuante. J’étudie ensuite les préfaces «authentiques» jointes à Lolita, Bend Sinister, et Speak, Memory ainsi que les introductions écrites par Nabokov lors de la publication des traductions anglaises de ses romans russes à travers la problématique de l’Auteur, celle du genre et celle du temps. Je considère que Nabokov a utilisé les préfaces pour théoriser sur la littérature, prolonger son autobiographie et déconstruire l’opposition entre fiction et non-fiction.

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