Colloque International : « Vladimir Nabokov et la France »

Les Chercheurs enchantés : Société Française Vladimir Nabokov

Paris, 30 mai-1er juin 2013


GASSIN, Alexia – Université Paris-Sorbonne – Paris IV, France
L’hommage de Serge à Vladimir

    Même si presque trente années les séparent, Vladimir Nabokov et Serge Gainsbourg présentent de nombreuses similitudes. Par exemple, sur le plan biographique, ils sont tous les deux nés de parents russes qui, suite à la Révolution de 1917, sont contraints de quitter la Russie en 1919. Outre les difficultés de l’exil, ils doivent affronter la discrimination et la persécution antisémites. Ensuite, d’un point de vue artistique, les deux hommes, à l’âge adolescent, se destinent à une carrière de peintre mais se tournent finalement vers la littérature ou la musique tout en continuant de développer leur œil d’artiste et d’insérer d’autres arts (le cinéma, par exemple) dans leurs compositions. Ils peuvent alors être considérés comme des artistes complets dont un autre point commun essentiel est le sens du jeu de mots et le goût de la provocation.
    Gainsbourg n’a jamais caché son enthousiasme pour l’œuvre de Nabokov, notamment pour le roman Lolita (1955) qui reste pour lui une révélation, ce qu’il explique clairement dans une interview de 1982 menée par Noël Simsolo et intitulée Une Journée avec Serge Gainsbourg. Lors de cet entretien, Gainsbourg évoque ainsi le poème composé par Humbert Humbert à l’intention de Lolita et débutant par les mots « Perdue : Dolorès Haze » qu’il avait souhaité mettre en musique dès 1962. Pour ce faire, il avait essayé de joindre Nabokov mais en vain, l’auteur étant occupé par le tournage du film Lolita de Stanley Kubrick. Malgré ce « rejet », l’inclination de Gainsbourg pour l’écrivain se retrouve néanmoins tout au long de la carrière du compositeur qui utilise régulièrement le motif de la nymphette, ce que nous pouvons entendre notamment dans son album Histoire de Melody Nelson (1971) et plusieurs autres chansons, telles que Cha cha cha du loup (1959), Rocking-Chair (1978), Mister Iceberg (1978), Hey man amen (1988), etc., et que nous pouvons aussi voir dans son film Stan the Flasher (1990) qui raconte l’histoire d’un exhibitionniste.
    Dans notre communication, nous nous proposons d’explorer les œuvres connues et méconnues de Gainsbourg sur le thème de Lolita et d’étudier ses relations avec les principaux textes de Nabokov à ce sujet, à savoir les romans Chambre obscure (1933) et Lolita (1955) et la nouvelle « L’Enchanteur » (1939). 

Alexia Gassin : Titulaire d’une Licence d’Allemand, d’une Licence d’Administration Publique et d’un D.E.S.S. de Marketing Opérationnel, Alexia Gassin est actuellement Doctorante en Études Russes à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV). Elle écrit une thèse sur « L’œuvre de Vladimir Nabokov dans le contexte de la culture et de l’art allemands à l’époque de l’expressionnisme ».

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