Colloque International : « Vladimir Nabokov et la France »

Les Chercheurs enchantés : Société Française Vladimir Nabokov

Paris, 30 mai-1er juin 2013


 

COURT, Elsa – University College, London, UK
Deux étés, Ada: Traductions et correspondances codées de Vladimir Nabokov à Erik Orsenna

                   « La traduction ? Sur un plat
                   La tête pâle et grimaçante d’un poète,
                   Cri d’acra, jacassement de singe,
                    Profanation des morts »
Ces propos de Vladimir Nabokov nous sont rapportés (et traduits) par Erik Orsenna, qui dans Deux étés retrace le voyage d’une traduction de l’intraduisible : celle d’Ada ou l’Ardeur en français, par le discret Gilles Chahine. Cet ami de Jean Cocteau, nous conte Erik Orsenna, aura réquisitionné deux années durant une île  au large de la Bretagne et tous ses habitants, tel l’équipage d’un navire immobile, à la tâche colossale de la traduction de la plus longue et la plus fantasque des œuvres de l’écrivain Russe. Voilà donc le sujet d’un tiers-texte, rejet organique non seulement d’une première œuvre mais aussi de sa délicate transposition en français.
    L’auteur du texte source était lui-même un traducteur méticuleux, et qui plus est francophone. Les « petits bleus, » télégrammes proustiens que l’on rencontre fréquemment dans Ada, parsèment le texte d’Orsenna des mots de Vladimir Nabokov, rappelant au traducteur comme à l’auteur de « l’autre » roman ce que Maurice Couturier a appelé, en parlant de Nabokov, la « tyrannie de l’auteur ». Quel portrait nous est alors peint de « l’écrivain Vladimir, » lointain dans son palace de Montreux, et que l’on disait alors, au début des années soixante-dix, « nobélisable » ? L’objet de la présente communication sera d’examiner, à la lumière de ce « troisième texte », l’influence sur le paysage littéraire français de cette traduction « revue par l’auteur » : celle d’un roman qui, déjà, jouait avec le français, les lettres françaises (Rimbaud, Maupassant) et les lettres (missives) dans le texte d’origine.
    A la lumière des écrits de Vladimir Nabokov portant sur l’art de traduire, (notamment ceux qui accompagnent sa traduction d’Eugene Onegin), il s’agira de se pencher sur le parallèle répété de la traduction avec la correspondance écrite, en tant qu’elles occupent une grande place thématique dans Ada mais sont aussi matériellement provoquées par le texte.

Elsa Court est doctorante à University College London, en Angleterre. Sa thèse a pour titre : « The Roadside and the Outsider :  European Representations of the American Road Narrative  », elle y examine l’envers du rêve américain à travers l’espace du bord de la route dans les fictions ayant pour thème le road trip. Un chapitre intitulé « Stationary Trivialities » y est consacré à Lolita de Vladimir Nabokov.

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