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Ida Junker, « Le Monde de Nina Berberova »

À la différence de Nabokov, Nina n’est pas tentée d’écrire en anglais en s’installant aux États-Unis. Mais, passionnés par la littérature européenne, ils font preuve de ce même « occidentalisme » qui, selon la formule de Berberova, ne les coupe pas de la Russie, « ce serait plutôt l’inverse ».

Les étapes de leurs parcours sont aussi presque les mêmes : le Sud de la Russie, Berlin, Prague, Paris, enfin les États-Unis où tous les deux prennent un nouveau départ. Devenus professeurs de littérature dans de prestigieuses universités, ils ont la précieuse capacité d’enrichir considérablement leur enseignement, notamment grâce à leur trilinguisme, mais aussi en tant qu’écrivains, traducteurs et témoins de leur époque.

En même temps, dans leurs œuvres de fiction ils sont à de véritables antipodes, surtout au début de leur carrière. Ce n’est pas seulement la modernité qui s’oppose à la tradition, mais aussi la complexité baroque qui fait face à une écriture limpide et dépouillée. Néanmoins, il y a dans leurs œuvres respectives des rapprochements inattendus, des similitudes troublantes qui ressemblent parfois à des signes secrets

Parmi ses contemporains, Nabokov est sans doute l’écrivain le plus apprécié par Berberova. Dans son autobiographie C’est moi qui souligne, elle évoque leurs rencontres parisiennes. Quant à l’analyse approfondie de l’œuvre de Nabokov, elle est livrée dans son essai Nabokov et sa Lolita (1965).

La meilleure expression de son admiration est devenue cette remarque désormais célèbre : « Un grand écrivain russe, tel le phénix, était né du feu et des cendres de la révolution et de l’exil. Notre existence prenait dorénavant un sens. Toute ma génération s’en est trouvée comme justifiée.
Ida Junker, Le monde de Nina Berberova, Paris, L’Harmattan, 2012, 298 p.




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