Didier Machu, « Lolita ou le Tyran Confondu, Lecture de Nabokov »

dm_lolita_ou_le_tyran_confondu« On croit connaître Lolita de Nabokov, best-seller illustre et scandaleux. Or, si c’est le livre d’une passion et d’une possession, dans tous les sens de ces deux termes, sa signification demeure cachée en pleine lumière. Comme Humbert y est contraint, le lecteur est convié à une jubilatoire enquête dans les détails et le lacis du texte, avec des résultats gratifiants. Tyran impérialiste et poltron, monstre qui se veut Apollon, Humbert s’empare d’un corps d’enfant comme d’un continent. Mais, au terme, dans le Nouveau Monde où ce Hitler domestique rencontre la démocratie autant que la culture de masse (cinéma, bande dessinée…), la figure dionysiaque de Quilty, son double, renverse son personnage et son ordre. »

MACHU, Didier, Lolita ou le Tyran confondu : lecture de Vladimir Nabokov, préface de Jeff Edmunds, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 2010.

Monica Manolescu, « Jeux de mondes : L’ailleurs chez Vladimir Nabokov »

mm_jeux_de_mondes

« Auteur déraciné, Vladimir Nabokov a changé de pays et de langue et a connu une existence en constant déplacement. L’écrivain en mouvement a développé une sensibilité particulière pour l’espace en mouvement, pour les géographies diverses qu’il a habitées. Tâche peu entreprise par la critique nabokovienne, l’étude de l’imagination géographique de Nabokov permet d’éclairer des passages entre géographie et écriture, mais aussi entre espace et temporalité. À partir d’un corpus de textes russes (Dar/The Gift) et américains (Lolita, Pale Fire, Ada), cet ouvrage analyse la pratique nabokovienne de l’ailleurs et les  » jeux de mondes  » qui émergent de la tension entre espaces réels et inventés, entre le proche et le lointain. Il existe chez cet auteur une douleur de l’ailleurs nourrie par l’absence propre à l’exil, mais aussi une jubilation de l’ailleurs capable de projeter des mondes nouveaux, qui transfigurent les cartographies du réel. Explorer l’ailleurs, c’est inévitablement parler des difficultés de l’écriture, évoquer les enjeux d’un projet esthétique et langagier. Cette étude remet en question l’idée que l’ailleurs nabokovien serait synonyme d’évasion loin du réel et montre qu’il se construit dans une intimité inconfortable avec le temps présent et les particularités de ce monde. »

Manolescu, Monica, Jeux de mondes. L’ailleurs chez Vladimir Nabokov, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, coll. « Lettres d’Amérique(s) », 2010.

L. Savova, «Le Métier du poète en exil. V. Nabokov, E. Canetti et Y. Yovkov »

lemetierdupoeteenexilPrésentation de l’éditeur :
De l’étude des écrits de ces trois auteurs, l’auteur montre les points de friction entre déracinement et moteur créatif.
Lioubov Savova, Le Métier du poète en exil. Vladimir Nabokov, Elias Canetti et Yordan Yovkov, Paris, Champion, 2012, 629 p.
ISBN 978 2 7453 2231 9.

Y. Chupin et R. Alladaye, « Aux origines de Laura , Le dernier manuscrit de Vladimir Nabokov »

ycra_aux_origines_de_laura« Au terme d’années de controverse, L’Original de Laura, l’ultime roman de Vladimir Nabokov, a finalement été dévoilé au public, ranimant le feu de la polémique, des États-Unis à la Russie, en passant par la France. Fallait-il faire paraître ce manuscrit dont l’auteur avait demandé qu’il fût détruit ?

Après avoir retracé l’aventure de cette publication posthume, véritable chapitre de l’histoire littéraire de ce début de siècle, les auteurs de ce volume se penchent sur les 138 fiches cartonnées du manuscrit, où se dessinent les contours de la dernière intrigue romanesque et des derniers personnages imaginés par l’auteur de Lolita et d’Ada ou l’Ardeur. Non sans émotion, on y voit Nabokov jubiler de parodier, de transformer, de réinventer les grands moments de la littérature qu’il aimait, mais aussi les thématiques qui jalonnèrent son parcours d’écrivain, dans un texte qui fourmille d’allusions littéraires et picturales. Le roman est inachevé et des zones d’ombre demeurent, mais en dépit des lacunes la magie opère toujours. »

Chupin Yannicke et Alladaye René, Aux origines de Laura, Le dernier manuscrit de Vladimir Nabokov, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. « Mondes anglophones », 2011.

Maurice Couturier, « Nabokov ou La tentation française »

alt

Le récent essai que Maurice Couturier a consacré à Vladimir Nabokov porte (une nouvelle fois) un titre évocateur : Nabokov ou La tentation française, que Bernard Pivot a ainsi traduit avec humour : « Nabokov avec nous ! » (Journal du dimanche, 22 octobre 2011).

Maurice Couturier nous y invite à explorer la richesse des relations que Nabokov a entretenues avec la France et sa littérature. Avec, bonheur supplémentaire pour tout amateur de l’œuvre de Vladimir Nabokov, la réédition du premier texte, intitulé « Les écrivains et l’époque » (1931), que Vladimir Nabokov, alors jeune écrivain émigré russe qui signait Vladimir Sirine, a écrit directement en français et dont Maurice Couturier indique, avec raison, qu’ « il contient en filigrane les principaux éléments de sa
poétique ».

 

Lire la suite

Lila Azam Zanganeh, « L’Enchanteur : Nabokov et le bonheur »

altParmi les innombrables ouvrages consacrés à Vladimir Nabokov, celui de Lila Azam Zanganeh constitue une exception.

Loin des biographies et des monographies de toutes sortes, c’est à une visite guidée très personnelle de l’imaginaire de Nabokov que nous convie ce livre, entre essai et fiction. Une promenade littéraire qui, sur le mode ludique, nous introduit au coeur même de cette oeuvre labyrinthique, et dont le fil d’Ariane n’est autre que le bonheur. Initiation à la littérature, ce texte est aussi un acte de foi dans le pouvoir des mots.

 

Lire la suite