Danièle Roth, Sorties d’exil. Walter Benjamin, Stefan Zweig, Vladimir Nabokov, Virginia Woolf

Ci-dessous une introduction à l’ouvrage de Danièle Roth, Sorties d’exil. Walter Benjamin, Stefan Zweig, Vladimir Nabokov, Virginia Woolf, qui vient de paraître aux Editions Edilivre :

 

« Sorties d’exil », un volume de quatre essais, résulte en partie d’un travail sur la représentation de la condition d’exilé dans la littérature américaine, plus particulièrement dans l’œuvre de Vladimir Nabokov, objet d’une thèse d’État de littérature nord-américaine et d’un ouvrage publié aux éditions L’Harmattan, Vladimir Nabokov – L’enchantement de l’exil.

C’est Nabokov en tant que sujet de l’expérience de l’exil qui se trouve ici privilégié, tout comme le sont l’Allemand Walter Benjamin et l’Autrichien Stefan Zweig, juifs l’un et l’autre. De l’étude de leur production (œuvres, journaux, correspondances), je tente de dégager des constantes propres à souligner le poids de la condition d’exilé, fort différente pour ces deux de

rniers de celle de l’écrivain russe, comme on le sait ; restait à comprendre pourquoi.

À la faveur de cet éclairage, j’ai repris le fil de la vie de Virginia Woolf, considérée dans un roman, Bloomsbury, côté cuisine, publié chez Balland. « Exil » n’est pas « expatriation » de façon obligée, il s’agissait pour moi de montrer comment les raisons du suicide de Woolf ont eu à voir, toutes proportions gardées, avec celles du suicide de Benjamin et de Zweig.

Out of Exile (Sorties d’exil) contains four essays derived partly from studies on the representation of the exiles condition in American literature, more particularly in Vladimir Nabokovs writings, as carried out by Danielle Roth for her PhD opus and another book published in France by LHarmattan, entitled Vladimir Nabokov – The Enchantment of Exile (Vladimir Nabokov – L’enchantement de l’exil.)

The focus is on Nabokov himself as an exiled subject, as well as on German thinker Walter Benjamin and Austrian writer Stefan Zweig, both Jewish. Studying their productions (works, diaries, letters), Danielle Roth tries to pinpoint the underlying truths that charaterize their condition as exiles. Zweigs and Benjamins were rather different from Nabokovs condition and the reason for this difference had yet to be understood.

With this in mind, Roth also revisited Virginia Woolfs life in a novel entitled Bloomsbury, on the kitchen side (Bloomsbury, côté cuisine) published by Balland.

« Exile » not necessarily covering the same reality as « expatriation », Roth proceeds to show that the reasons behind Woolf’s suicide may have had something in common with those that lay behind Benjamin’s and Zweigs. 

Преодолевая изгнание (Sorties d’exil– сборник, который включает в себя четыре эссе и является, в некоторой мере, итогом исследований  автора на тему репрезентации изгнания в американской литературе.Особое внимание Даниэль Рот уделяет творчеству Владимира Набокова, чему была посвящена ее докторская диссертация и предыдущая книга, Владимир Набоков – очарование изгнания (Vladimir Nabokov – L’enchantement de l’exil) которая вышла во Франции в издательстве ЛАрматтан (L’Harmattan).

Автора интересует то, как человек переживает изгнание – исследуется, прежде всего, личный опыт Владимира Набокова, а также немецкого философа Вальтера Беньямина и Стефана Цвейга, которые оба, к тому же, были евреями.

Изучая письменное наследие (сочинения, публикации, переписку), Рот ставит себе задачу выявить особые константы состояния эмигранта и понять, почему они так разнятся у Набокова, Беньямина и Цвейга.

Следуя этому же принципу, Рот предлагает новую версию биографии Вирджинии Вульф в романе Блумсбери, около кухни (Bloomsbury, côté cuisine), издательство Баллан (Balland).

“Изгнание” не обязательно выражается в экспатриации: Рот ставит себе задачу показать, что причины, по которым Вирджиния Вульф покончила с собой, имеют, с учетом иного масштаба событий, немало общего причинами самоубийств Цвейга и Беньямина.

Stanislav Shvabrin/Станислав Швабрин (SFVN), Between Rhyme and Reason: Vladimir Nabokov, Translation, and Dialogue, University of Toronto, U Toronto Press, 2019.

The author of such global bestsellers as Lolita and Pale Fire, Vladimir Nabokov (1899–1977) is also one of the most controversial literary translators and translation theorists of modern time. In Between Rhyme and Reason, Stanislav Shvabrin discloses the complexity, nuance, and contradictions behind Nabokov’s theory and practice of literalism to reveal how and why translation came to matter to Nabokov so much.

Drawing on familiar as well as unknown materials, Shvabrin traces the surprising and largely unknown trajectory of Nabokov’s lifelong fascination with translation to demonstrate that, for Nabokov, translation was a form of intellectual communion with his peers across no fewer than six languages. Empowered by Mikhail Bakhtin’s insights into the interactive roots of literary creativity, Shvabrin’s interpretative chronicle of Nabokov’s involvement with translation shows how his dialogic encounters with others in the medium of translation left verbal vestiges on his own creations. Refusing to regard translation as a form of individual expression, Nabokov translated to communicate with his interlocutors, whose words and images continue to reverberate throughout his allusion-rich texts.

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Monica Manolescu, Cartographies of New York and Other Postwar American Cities. Art, Literature and Urban Spaces, New York: Palgrave Macmillan, 2018.

 

Cartographies of New York and Other Postwar American Cities: Art, Literature and Urban Spaces explores phenomena of urban mapping in the discourses and strategies of a variety of postwar artists and practitioners of space: Allan Kaprow, Claes Oldenburg, Vito Acconci, Gordon Matta-Clark, Robert Smithson, Rebecca Solnit, Matthew Buckingham, contemporary Situationist projects. The distinctive approach of the book highlights the interplay between texts and site-oriented practices, which have often been treated separately in critical discussions. Monica Manolescu considers spatial investigations that engage with the historical and social conditions of the urban environment and reflect on its mediated nature, reading cartographic procedures that involve walking and surveying as subversive possibilities of representing and navigating the postwar American city. The book posits mapping as a critical nexus that opens up new ways of studying some of the most important postwar artistic engagements with New York and other American cities.
 
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Sabine Faye/Сабин Фай (SFVN), Nabokov. Le Jeu baroque, CNRS Éditions, 2019.

 

Vladimir Nabokov (1899-1977), l’auteur célèbre des romans Lolita et Ada, est un écrivain aux multiples facettes. Imprégné de culture classique, passant d’une langue à l’autre, d’un pays à l’autre, il se démarque de ses contemporains et crée une oeuvre jubilatoire qui joue avec les codes et les conventions littéraires.
Les habitudes de perception du lecteur sont constamment mises en question : une telle indétermination favorise les jeux d’illusions et les dédoublements caractéristiques de l’esthétique baroque. Le masque et le miroir sont les instruments privilégiés de cette écriture poétique.
C’est cet univers en perpétuelle métamorphose, où se mêlent mise en abyme du récit, rêves et trompe-l’oeil, qui nous est présenté en détail dans cet ouvrage.

Sabine Faye est maître de conférences au département d’anglais de l’université Paris III-Sorbonne Nouvelle où elle enseigne la littérature, la peinture et le cinéma anglo-américains.

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Jacqueline Hamrit/Жаклин Aмрит (SFVN), Frontières et limites dans l’oeuvre de Vladimir Nabokov, Éditions universitaires européennes, 2019.

Grâce à l’analyse de la conférence «The Art of Literature and Commonsense» conçue en 1941 et publiée à titre posthume en 1980, j’essaie d’identifier les caractéristiques de l’esthétique de Nabokov–fondée sur l’attention au détail et à l’émerveillement-, son éthique–marquée par l’importa

nce accordée à l’autre et la création de différences–et enfin sa métaphysique qui, contrairement à ce qu’affirment Richard Rorty et Vladimir Alexandrov croyant déceler la présence de platonisme et de transcendance dans sa philosophie, se caractérise par la contamination entre les oppositions que sont l’ici-bas et l’au-delà, la vie et la mort, ou la «réalité» et la fiction. La frontière qui sépare ces oppositions est, en effet, instable et fluctuante. J’étudie ensuite les préfaces «authentiques» jointes à Lolita, Bend Sinister, et Speak, Memory ainsi que les introductions écrites par Nabokov lors de la publication des traductions anglaises de ses romans russes à travers la problématique de l’Auteur, celle du genre et celle du temps. Je considère que Nabokov a utilisé les préfaces pour théoriser sur la littérature, prolonger son autobiographie et déconstruire l’opposition entre fiction et non-fiction.

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Soutenance de thèse – Léopold Reigner

Le 30 novembre 2018, à l’Université de Rouen, Léopold Reigner a soutenu sa thèse de doctorat, intitulé « Le Flaubert de Nabokov : interprétation, continuité et originalité ».

Le jury était composé de Yannicke Chupin (Université de Cergy-Pontoise), Florence Godeau (Université Jean Moulin-Lyon III), Yvan Leclerc (Université de Rouen), Monica Manolescu (Université de Strasbourg), Isabelle Poulin  (présidente, Université Bordeaux Montaigne), Anne-Laure Tissut (directrice, Université de Rouen).

Soutenance de thèse – Agnès Edel-Roy

Le 19 novembre 2018, à l’Université de Paris-Est Créteil, Agnès Edel-Roy a soutenu sa thèse de doctorat de littérature comparée, intitulée « Une “démocratie magique” : politique et littérature dans les romans de Vladimir Nabokov ».

Le jury était composé de Vincent Ferré (directeur, Université de Paris-Est Créteil), Luba Jurgenson (Université Paris-Sorbonne), Jean-Pierre Morel (président, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3), Isabelle Poulin (Université Bordeaux Montaigne) et Yolaine Parisot (Université de Paris-Est Créteil).

 

Yannicke Chupin, Agnès Edel-Roy, Monica Manolescu, Lara Delage-Toriel (Dir.), « Vladimir Nabokov et la France », Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, collection « Études anglophones », 2017.

L’ouvrage Vladimir Nabokov et la France explore un espace de recherche vaste et peu balisé : l’invention de la France dans l’œuvre de Nabokov et l’étude interdisciplinaire de son héritage français. L’écrivain russo-américain a entretenu avec la langue et la culture françaises une relation riche et intense dont la complexité se dévoile dans ce volume, qui ouvre un nouveau champ dans les études nabokoviennes à la croisée de plusieurs disciplines (études américaines, comparées, françaises et slaves) et de plusieurs formations (linguistes, narratologues, philologues, traducteurs et artistes).

Par-delà les considérations biographiques, cet ouvrage met en lumière la nature des liens à double sens entre la culture française et l’œuvre de l’écrivain, à savoir la place du cadre géographique et culturel de la France dans son œuvre, celle des écrivains et textes français, son usage de la langue française, sa relation à la pensée française, et enfin sa postérité dans le paysage littéraire et artistique français. De manière significative, le choix du bilinguisme pour les articles publiés ici vise à dépasser la division linguistique de la critique nabokovienne en s’adressant aux lecteurs tant anglophones que francophones et, de manière plus profonde, à penser Nabokov dans les deux langues.

Sommaire :

Preface – The Haunted Enchanter
Brian Boyd

Introduction
Yannicke Chupin, Agnès Edel-Roy, Monica Manolescu, Lara Delage-Toriel

I. L’Invention de la France et de l’Europe 
Michael Wood – Do you mind cutting out the French? Nabokov’s disinvention of Europe;
Julian W. Connolly – Fluid Spaces, Illusive Identities: Nabokov’s Depiction of France in the Late 1930s.

II. Intertextes français 
Susan Elizabeth Sweeney – Nabokov, Perrault, and Tales of Long Ago;
David Rampton – Allusions to French Literature in Nabokov’s Eugene Onegin: the Case of Voltaire;
Stanislav Shvabrin – Alfred de Musset, Vladimir Nabokov: The Invention of Exile;
Isabelle Poulin – Le vol de la mémoire. Vladimir Nabokov lecteur de Rimbaud et Mallarmé.

III. Langue française et modèles culturels français
Samuel Schuman – Monsieur Nabokov and Mademoiselle O;
Julie Loison-Charles – Les xénismes français dans Look at the Harlequins! : « ces clichés français sont-ils symptomatiques » ?;
Bénédicte Bintein – Le français, langue de la séduction fallacieuse dans l’œuvre de Vladimir Nabokov : une esthétique de l’ambiguïté;
Emily Eells – Proust, Nabokov and « the language of rainbows ».

IV. Nabokov et la pensée française
Leland de la Durantaye – Time in French, or Nabokov’s Mobile Image of Eternity;
Paul Grant – Blessing the Freak. Nabokov contra Bergson;
Lance Olsen – Not-Knowings: Debord’s Influence on Nabokov’s Real Life of Sebastian Knight.

V. Postérité de Nabokov et connivences contemporaines
Alisa Zhulina – Vladimir Nabokov and Alain Robbe-Grillet;
Alexia Gassin – Lolita, leitmotiv de l’œuvre de Serge Gainsbourg;
Anne-Marie Lafont – Apprendre autrement ou comment adapter Vladimir Nabokov au lycée.

Url de référence :

http://pus.unistra.fr/fr/livre/?GCOI=28682100475970

Christine Raguet. “El arte de la traducción de Vladimir Nabokov. Problemas de recepción y transmigración en la traducción”. Estudios de Teoría Literaria. Revista digital: artes, letras y humanidades, 6 (12), 2017, 25-37.

 

Los propósitos de este artículo son: i) analizar las relaciones de Vladimir Nabokov como autor multilingüe con la traducción al enfrentarse al exilio, y con la publicación de una de sus novelas en una lengua en que sabía escribir; ii) explorar las actitudes de Nabokov hacia la traducción en uno de sus libros, sus deseos de ser reconocido como autor y de pulir su estilo en la nueva lengua-cultura; iii) presentar factores como la identidad personal y cultural, y también las necesidades financieras de manera ligada al exilio y como elementos significativos en el proceso de traducción; iv) discutir el impacto de la reescritura en un autor alerta al reconocimiento internacional y en una búsqueda obvia  de nuevos valores estéticos. Nabokov no es un caso único, pero su situación y sus reacciones son suficientemente representativas de las dificultades que surgen al escribir en una lengua ajena.

The aims of this article are: i) to analyze the relations of Vladimir Nabokov as a multilingual author with translation when faced with exile and with the publication of one of his novels in a language in which he could write; ii) to explore Nabokov’s attitude towards the translation of one of his books, his desires to be recognized as an author and to polish his style in the new culturelanguage; iii) to present factors like personal and cultural identity, and also financial needs as linked to exile and as significant elements in the translating process; iv) to discuss the impact of rewriting in an author seeking international recognition and in an obvious quest for new aesthetic values. Nabokov is not a unique case, but his situation and reactions are quite representative of the difficulties raised when changing one’s language of composition.

https://fh.mdp.edu.ar/revistas/index.php/etl/article/view/2331

Soutenance de thèse – Sophie Bernard-Léger

Le lundi 13 novembre 2017, Sophie Bernard-Léger a soutenu sa thèse de doctorat, intitulée « La création de soi par soi : origine, identités, transgressions dans l’oeuvre de Vladimir Nabokov, Romain Gary et Philip Roth ».

Le jury était composé de Luba Jurgenson (directrice, Sorbonne Université), Carole Matheron (co-directrice, Université Paris 3), Isabelle Poulin (présidente, Université Bordeaux Montaigne), Laure Troubetzkoy (Sorbonne Université), Philippe Zard (Université Paris Nanterre), Yves-Charles Grandjeat (Université Bordeaux Montaigne).