Annabel and Lolita: First and Second Encounters – Beci Dobbin

That Nabokov isn’t particularly interested in our first encounter with Lolita may be deduced in part from the fact that the novel’s thematisation of second encounters is hidden from us on our first reading. The opening address to: ‘Lolita, light of my life, fire of my loins …’ reads like the invocation of a first love, and it’s only in the third paragraph that we understand Lolita to be Humbert’s second love, following ‘a certain initial girl-child’ called Annabel. The irony by which our first encounter with the love of Humbert’s life in the first line, is his second encounter with her – albeit in another form – is lost on us until our second reading. Both in our reading of the novel and in the story Humbert tells, it’s second encounters that really matter. The naivety of the first-time reader is of little use in interpreting Nabokov’s palimpsest of echoes, and the book is called ‘Lolita’ rather than ‘Annabel’, because it’s Lolita who is irreplaceable: there’s no third love.

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L. – Cécile Jeanson

C’était à S., telle que je la vois encore parfois la nuit, au creux des champs plats invisibles, comme une ombre cachée sous un arbre. Dans l’ombre, encore plus, le dessous d’un autre arbre feuillu, vu celui-ci depuis un balcon, pas très loin de la méditerranée, dans la rumeur d’une petite ville que j’ai tant imaginée, au soleil brûlant…Un soleil brûlant sur une route trop grande pour l’Europe, et très loin de toute forme d’eau, dans un nuage de poussière de sable, qui se gonfle tant de sable et d’air, devenant si gonflé de sable volant noircit qu’on ne voit plus aucun arbre ni le balcon, seulement une chevelure couverte de sable des routes, et une nuit noire. Une fille de notre âge, de dos, avec les cheveux longs mouillés, lit sur le balcon perché dans les branches d’un arbre, en robe courte. Elle lit profondément, puis un jour toi aussi tu me dis que tu as relu ce roman cet été. Une fille de notre âge à peu près (je ne me souviens jamais quel âge j’ai) les cheveux pleins de poussière de route de nuit, allongée sous les branches dans une ombre qui forme comme un trou, on pourrait croire qu’elle fait semblant de lire parce que quelqu’un la regarde de très loin, ou alors elle a beaucoup oublié. Toutes ces portes qui se ressemblent…Des mois plus tard, tu me diras que tu viens de le relire, et des années plus tard, au milieu des sapins et de l’asphalte dorée à toute vitesse, je ne serai pas loin pour la première fois, mais il n’y aura pas de sable, et j’entreverrai ce trou creusé dans les airs pour s’asseoir dessus, et la plongée dedans, un été, ou plusieurs étés.

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Post-Soviet Lolita – Alisa Sniderman

There were two authors in our family’s library forbidden to me as a child: Fyodor Dostoevsky and Vladimir Nabokov. The first was forbidden because, in the words of my mother, my “nerves wouldn’t be able to handle all the drama and tension.” And Nabokov’s works, kept in the glass-fronted cabinet of the living room, were taboo for the time being because I “wasn’t ready to appreciate the greatest Russian prose writer.” That sounded like a challenge and so, while still in middle school, I decided to prove my parents wrong on both accounts: my emotional maturity and intellect.

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“Lopsidedly mad love” – Excerpt from: The Enchanter (2011), Chapter 5 – Lila Azam Zanganeh

I recall a Mediterranean countryside over a decade ago. The long silhouette of a cypress tree extended its back against the wall of our redbrick house, vying until noon with the prickly stems of caper berry shrubs. After short, stormy nights, scattered pools formed crevasses in the grass. Light reflected off the water like slippery scales. I was sitting down on a white wicker chair, studiously wading through Lolita for the first time. I lay still in my washed-out red bathing suit, while my mother’s cousin (a versatile double of VN), palette in hand, eyes just slightly open, drew a watercolor of that morning. The drawing vanished several years later, but what remains today, let loose on the pages of my Lolita, are stains of suntan lotion and a maze of circles betraying the number of English words I did not know. Vexing as they were, those words, they shone on the page like clues planted by a sly illusionist who whispered in my ear that unfold his magic carpet he would, as soon as I lifted that dictionary slumped idly on the grass.

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La face cachée du soleil, ou comment j’ai rencontré Lolita – Patrick Fuchs

Pour beaucoup, Lolita est un livre qui se découvre la nuit. L’image évoque celle d’une adolescente dévêtue derrière des volets où se déroule « un spectacle que le plus blasé des voyeurs aurait payé cher pour voir ». En ce qui me concerne Lolita est définitivement lié au soleil d’été, celui de mes 20 ans : le cadeau d’une amie d’enfance qui me harcelait depuis des années pour me prêter son exemplaire. Je croyais avoir trouvé la parade : « De toutes façons, je n’aime pas lire les traductions. » Il en fallait plus pour décourager Faïza qui, à l’occasion d’un week-end à la campagne, m’a offert le livre en version originale.

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Nabokonovice : Beginners in Nabokov – Elsa Court

Une lecture n’engage à rien : ni au retour, ni à la connaissance durable, ni même à la certitude d’aimer. Que nous ayons poursuivi nos lectures avec minutie ou obsession, dans le cadre de la recherche, de l’enseignement, ou de la prose journalistique, nous avons pourtant gardé le souvenir de nos découvertes de l’œuvre de Vladimir Nabokov. Professeur de littérature, Nabokov disait à ses étudiants : «  On ne peut pas lire un livre, on ne peut que le relire. Un bon lecteur, un lecteur actif et créateur est un re-lecteur. » Selon lui, ce lecteur « actif et créateur » ne peut réellement prêter attention au style littéraire que lorsqu’il a déjà une idée de la structure d’ensemble du roman. L’attention au détail, objectif primordial de la lecture, selon lui, nécessite la connaissance préalable du tout. Il n’en reste pas moins qu’une première lecture d’un roman aimé est un événement inoubliable, ce que Nabokov n’aurait su contredire. Une première lecture, parce qu’elle précède logiquement l’espoir ou même l’instinct de la relecture et de la recherche, est un moment privilégié, déroutant : un dialogue instinctif qu’aucune relecture ne saurait recréer. C’est d’ailleurs le secret des pédants et des érudits qui peuplent l’œuvre nabokovienne: rien ne surpasse tout à fait la curiosité de l’innocence, les émotions fragiles d’une toute première rencontre. Nous invitons nos collègues, nos amis et le plus grand nombre de curieux à se replonger dans l’émotion de leur première lecture d’un texte de Vladimir Nabokov et à nous en faire partager, dans leurs mots à eux, la particularité d’une aventure personnelle.

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ASSOCIATION – Présentation des Membres – Gyöngyi MIKOLA

mikolagyongyi Gyöngyi Mikola est doctorante au département d’Etudes Russes de l’Université de Szeged, en Hongrie, et également critique littéraire et essayiste indépendante. Elle a publié trois collections d’essais sur la littérature contemporaine hongroise. Le titre de sa thèse est « Récits de désir dans les romans russes de Nabokov ». Elle s’est intéressée à Nabokov quand elle était une jeune élève, après la lecture de la merveilleuse nouvelle « Premier amour » dans un périodique littéraire plus ou moins dissident. C’était en 1986, quand Nabokov était encore un auteur interdit en Hongrie. Son but n’est pas seulement de devenir une spécialiste de Nabokov au niveau universitaire, mais aussi de permettre aux lecteurs hongrois de mieux connaître le génie littéraire, la singuliarité et l’indépendance d’esprit du grand écrivain russo-américain.
Gyöngyi Mikola is a PhD student at the Russian Studies Department of the University of Szeged, Hungary, and a freelance literary critic and essayist as well. She has published three books of essays on the contemporary Hungarian literature. The title of her PhD thesis is “Narratives of Desire in Nabokov’s Russian novels”. She has become interested in Nabokov as a student, when she read the wonderful short story of Nabokov entitled “First Love » in a half-samizdat literary periodical. It happened in 1986 when Nabokov was still a banned author in Hungary. Her aim is not only professional research on Nabokov but she would also like to have Hungarian readers become more familiar with the literary genius, uniqueness and free spirit of the great Russian-American writer. 

Articles

Red Admirable (in: Mikola Gyöngyi: A véső nyoma, Kijárat Kiadó, Budapest. 2010., 245-249..p.) (An essay on Nabokov’s Pale Fire)

Árnyék a szív mögött (Nabokov szerelem-fölfogásáról és az olvasás szenvedélyéről) (in: Mikola Gyöngyi: A véső nyoma, 250-260 .p. ) – (A Shadow behind the Heart  – Notes on Nabokov’s conception of love and the passion of reading)

Titkos fordulópont (A szerelem transzcendenciája Nabokov Másenyka című regényében) (in: Lábjegyzetek Platónhoz 11., A szerelem,  edited by Sándor Laczkó, Szeged, 2013.  145-153. p.) – (The Secret Turn – The transcendency of love in Nabokov’s Mary)

„Mint a víz Opheliának” (Az esztétikai percepció kérdése Nabokov Meghívás kivégzésre és Adomány című regényeiben) (in: Jelenkor, 2014/10. 1106-1115. p.)- (“As water to Ophelia” The issue of aesthetic perception in Nabokov’s novels Invitation to a Beheading and The Gift)

Jacqueline Hamrit, Authorship in Nabokov’s Preface, Cambridge Scholars Publishing, 2014.

« Whereas lit0157759_authorship-in-nabokovs-prefaces_300erary criticism has mainly oscillated between “the death of the author” (Barthes) and “the return of the author” (Couturier), this work suggests another perspective on authorship through an analysis of Nabokov’s prefaces. It is here argued that the author, being neither dead nor tyrannical, alternates between authoritative apparitions and receding disappearances in the double gesture of mastery without mastery which Derrida calls ‘exappropriation’, that is, a simultaneous attempt to appropriate one’s work, control it, have it under one’s power and expropriate it, losing control by loosening one’s grip. The intention of this is to approach, through one’s experience of reading and interpreting, the experience of self-effacement and impersonality pertaining to writing (cf. Blanchot). Prefaces are considered to be suitable places for the deconstruction of the classical image of Nabokov’s arrogance through the unearthing of his reserve and vulnerability. This work provides an account of the mere intuition (which, therefore, does not pretend to be a conclusive and definitive interpretation) of another image of Nabokov whose undeniable talent for deception seems in accordance with a need for discretion and secrecy. »

Alexia Gassin et John Pier (dir.), L’effacement selon Nabokov. Lolita versus The Original of Laura, Tours, PUFR, 2014.

Sommaire : Préface par Philippe Chardin. Introduction par Alexia Gassin et John Pier
I – Effacements narratifs
René Alladaye : « Et le sujet du roman ? Il n’en a pas. » Itinéraires d’effacement, de « Lolita » à « Laura »
John Pier : « The Original of Laura » : les textes du roman
II – Effacements auctoriaux
Alexia Gassin : Polémique autour de deux publications ou l’éthique rudoyée
Jacqueline Hamrit : La naissance du texte : lire et voir « The Original of Laura » grâce à la critique génétique française
III – Effacements fatals
Yannicke Chupin : Mourir à temps dans « The Original of Laura » et « Lolita »
Chloé Deroy : Charlotte Haze/Philip Wild : de la non-sexualité des ventripotents