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BIOGRAPHIE : Vladimir Nabokov - Page n°2

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L’écrivain n’arrive pas dans le Nouveau Monde les mains vides. Il a passé les dernières années de son séjour parisien à composer son premier roman en langue anglaise, La Vraie Vie de Sebastian Knight. Le livre, qui paraîtra en mai 1941, marque pour Nabokov le début d’une ère nouvelle : tous ses romans seront désormais composés en anglais. Ce sont cependant ses compétences de scientifique et d’enseignant qui lui permettent d’abord de subvenir aux besoins de sa famille sur cette nouvelle terre d’asile. Entomologiste distingué, il obtient un poste au Museum of Comparative Zoology de Harvard (on lui doit la description de plusieurs espèces nouvelles) et donne des cours de littérature à Wellesley College. En 1948, il est nommé professeur à Cornell University où ses conférences sont consacrées aux grands écrivains européens de langue anglaise, française et allemande (Austen, Stevenson, Dickens, Joyce, Flaubert, Proust, Kafka) ainsi qu’aux maîtres de la littérature russe (Gogol, Tolstoï, Tourgueniev, Tchékhov).

C’est dans ce contexte qu’explose en 1955 la bombe Lolita. Le roman, qui paraît d’abord en France (mais en anglais), chez Olympia Press, avant d’être publié aux Etats-Unis trois ans plus tard au terme d’une longue bataille juridique, fait accéder Nabokov à une notoriété spectaculaire où le succès de scandale le dispute à la reconnaissance proprement littéraire. Si l’on oublie un instant son sujet sulfureux, Lolita est pourtant une œuvre de première grandeur. La maîtrise de la langue ne laisse aucun doute aux lecteurs avertis : un écrivain américain est né. L’immense succès du roman, qui devient un best-seller, permet à Nabokov de quitter le monde universitaire pour se consacrer à l’écriture et à ses papillons bien aimés. Cette décision s’accompagne d’un nouveau voyage : en 1961, Vladimir et Véra rentrent en Europe et s’installent dans une ville qui leur rappelle un peu la Russie perdue, Montreux. C’est dans une suite du Palace Hôtel que se poursuivra désormais l’aventure esthétique et entomologique.

Le succès de Lolita, en effet, n’entame en rien l’énergie créatrice de Nabokov. Il se lance dans le projet titanesque de traduire Eugène Onéguine, de manière littérale. L’entreprise débouche sur la publication d’un ouvrage en quatre volumes, le premier comprenant la traduction, les trois autres un appareil de notes pléthorique (1964). La chose est d’autant plus remarquable que Nabokov compose, tout en travaillant à sa traduction, l’un de ses romans les plus fascinants, le labyrinthique Feu pâle (1962). La forme de l’œuvre – un poème accompagné de son commentaire – fait d’ailleurs écho à son travail sur le roman en vers de Pouchkine, mais évoque aussi par sa complexité combinatoire les problèmes d’échecs qu’il aimait à composer.

Ces années particulièrement fécondes, au cours desquelles il se consacre également à la traduction en anglais de quelques-uns de ses romans russes, voient naître des œuvres brillantes, notamment Speak, Memory, la seconde version de son autobiographie (1966), Ada (1969), où coïncident un maniement virtuose de la langue anglaise et des thématiques souvent issues de la littérature russe du dix-neuvième siècle, et Look at the Harlequins (1974), dans lequel le Maître revisite, sur un mode fictionnel et parodique, l’ensemble de son œuvre. Il s’agit presque d’un testament : Vladimir Nabokov disparaît le 2 juillet 1977, laissant derrière lui le manuscrit inachevé de son dernier roman, The Original of Laura. Les fragments de ce dernier opus ont été finalement publiés en 2009.



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